Manager une équipe sans se renier
Leadership féminin : diriger sans jouer un rôle, d’Eleanor Sorel
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : tu viens d’être nommée manager depuis six semaines. Dans l’ascenseur, tu répètes une phrase empruntée à ton ancien chef, avant d’annoncer à tes six anciens collègues une décision qu’ils n’attendent pas.
La coach. Cette scène ouvre « Manager une équipe sans se renier », d’Eleanor Sorel. On prend une voix de chef parce qu’on croit que l’autorité doit sonner comme celle d’un autre. Mais on peut diriger sans jouer ce rôle.
L’amie. Alors, toi qui écoutes : est-ce que tu relis une décision en te demandant ce qu’aurait fait ton prédécesseur ? Est-ce que tu valides des demandes qui ne relèvent pas forcément de toi ? Est-ce que tu choisis à la place d’une collègue pour lui éviter un malaise ?
La coach. Est-ce que tu annonces un choix difficile en t’excusant tellement qu’on croit qu’il reste négociable ? Ou est-ce que tu réponds sèchement, et tu regrettes ensuite d’avoir coupé la conversation ? Ces deux pièges, on les connaît toutes.
L’amie. Si tu t’es reconnue, tu n’es pas seule. Mary Beard rappelle dans son travail sur le pouvoir que ses codes ont longtemps été écrits par et pour les hommes. Et ça pèse encore dans notre idée d’une personne qui dirige.
La coach. Le livre s’ouvre sur une phrase de Jean-Paul Sartre : « Ce qui compte, ce n'est pas ce que l'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. » Autrement dit, notre rôle ne décide pas de tout.
L’amie. Et si on ne fait rien, voilà ce qui arrive. Héloïse dirige une agence de communication. Elle note qu’elle supprime un poste parce que la direction générale veut aller vite. Puis elle réalise que ce n’est pas sa conviction.
La coach. Elle reprend le dossier et trouve une possibilité de reclassement. Sans cette pause, la pression aurait décidé à sa place, avec des conséquences pour une personne. Alors, avant de trancher, le livre nous invite à regarder d’où vient notre choix.
L’amie. Vouloir bien faire ne suffit pas ! On copie un ancien chef pour paraître crédible, ou on évite de trancher pour ne déplaire à personne. Résultat : l’équipe manque de repères et on ne se reconnaît plus.
La coach. Être soi ne veut pas dire faire tout ce qu’on préfère ni fuir les décisions impopulaires. La fonction comporte de vraies responsabilités. Mais le ton froid et les choix pris par imitation ne font pas partie des obligations du poste.
L’amie. Alors on ne baisse pas les bras ! Pas besoin de devenir plus dure. On décide, on dit clairement ce qui est fermé, on écoute les questions et on reste attentive aux conséquences humaines.
La coach. Eleanor Sorel le résume ainsi : « On peut décider fermement, trancher, assumer l’impopulaire — en restant soi. » Tout le monde ne sera pas d’accord. Mais tu ne confonds plus autorité et imitation.
L’amie. D’accord, mais concrètement, on commence par quoi ? Entre les demandes et les réactions de l’équipe, je peux vite reprendre les habitudes de l’ancien chef. Donne-moi un geste simple pour une vraie semaine.
La coach. Premier geste : trie les décisions. Avant de répondre, demande-toi : est-ce à moi de décider, à un collaborateur qui a les informations nécessaires, ou à un niveau hiérarchique supérieur ? Un message dans ta boîte ne décide pas à ta place.
L’amie. Ça me parle. Diane ouvre sa messagerie et découvre dix-neuf messages reçus depuis la veille, dont quatre demandes de décision. Au lieu de tout prendre en charge, elle en délègue deux, reprend un dossier d’une autre direction et oriente une demande d’achat vers le bon processus.
La coach. Déléguer, ce n’est pas se débarrasser du problème : c’est confier la décision à la personne qui a l’autorité et les informations nécessaires. Si elle dépasse ton périmètre, fais-la remonter clairement. Tu protèges ainsi la responsabilité de chacune.
L’amie. Deuxième geste : prépare une annonce impopulaire. J’adore distinguer la décision des questions pratiques. On ne fait pas croire qu’on va tout renégocier, mais on écoute vraiment ce que les personnes vivent.
La coach. Regarde comment fait Diane. Elle annonce un changement dans l’équipe en deux phrases, donne la raison principale et laisse un espace aux questions. Paul croise les bras, Aurélie pose son stylo. Diane attend, puis répond à la question pratique de Paul, sans prétendre l’avoir convaincu.
L’amie. Avant de trancher, pose-toi aussi cette question : « est-ce que je crois vraiment que c’est juste ? » Pas : est-ce que tout le monde va applaudir ? Ni : est-ce que mon ancien chef aurait fait pareil ? Voilà une boussole qui change tout.
La coach. Il te manque un élément précis ? Donne-toi un délai court pour le chercher. Ce temps sert à décider avec attention. Ensuite, annonce clairement ce qui reste ouvert, comme les questions ou les modalités.
L’amie. Cette semaine, je choisis une demande reçue, je vérifie à qui revient la décision, puis je l’oriente au bon endroit. Et si je dois annoncer un choix difficile, je prépare sa raison principale sans brouiller le message en m’excusant trop.
La coach. Après coup, vérifie si les faits confirment ton choix ou si tu ressens seulement le malaise du lendemain. Des faits nouveaux justifient une correction. Changer en apprenant, ce n’est pas manquer d’autorité : c’est prendre la situation au sérieux.
L’amie. J’adore cette idée : pas besoin d’une certitude parfaite ni d’une voix grave pour être légitime. On écoute sans rouvrir chaque décision, puis on ajuste quand les faits l’exigent. C’est vivant et ça laisse de la place à l’équipe.
La coach. Décide depuis tes repères, avec clarté. Ta voix à toi fait autorité. Souviens-toi de cette phrase : « Le rôle n’est pas une armure. C’est une responsabilité qu’on exerce avec attention, en restant quelqu’un. »
L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Eleanor Sorel, « Manager une équipe sans se renier », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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