Saint Augustin
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Musique : Bach, Aria des Variations Goldberg, par Shelley Katz, piano, pour Musopen. Domaine public.
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La journaliste. Bienvenue dans « Six minutes pour connaître ». Aujourd’hui, un homme né il y a près de seize siècles, et qui parle encore de nous : saint Augustin. Nous ouvrons le premier tome de la collection Connais-moi, « Saint Augustin d’Hippone », signé Aurèle Vivens, aux éditions FormadiLib. Première question : pourquoi commencer une collection par lui ?
FormadiLib. Parce qu’on croit le connaître, et qu’on ne le lit pas. On voit la statue : le docteur de l’Église, le théologien de la grâce. Le livre fait l’inverse : il vous présente l’homme. Et cet homme, on le connaît comme presque personne dans l’Antiquité, pour une raison simple : il a raconté sa propre vie. C’est le livre des Confessions.
La journaliste. Le livre s’ouvre pourtant sur une scène toute récente.
FormadiLib. Oui, en 2026. Le pape Léon Quatorze, qui appartient à l’Ordre de Saint-Augustin, se rend en avril à Annaba, l’ancienne Hippone, en Algérie. En juin, il s’agenouille à Pavie, devant son tombeau. Et l’auteur en tire une conclusion : si un homme de notre siècle refait ce chemin, c’est qu’Augustin n’a rien d’un fossile.
La journaliste. Revenons au commencement. Où naît-il ?
FormadiLib. À Thagaste, le 13 novembre 354. C’est aujourd’hui Souk Ahras, en Algérie. Augustin est un Africain, de langue latine. Son père, Patricius, notable païen, rêve pour lui d’une belle carrière. Sa mère, Monique, chrétienne fervente, espère autre chose : qu’il devienne chrétien. Toute sa jeunesse se joue entre ces deux attentes.
La journaliste. Et il y a cette fameuse histoire de poires…
FormadiLib. Le vol des poires, au livre deux des Confessions. Une nuit, adolescent, il secoue un poirier avec une bande de garçons. Ils n’ont pas faim ; ils jettent presque tout aux cochons. Des années plus tard, devenu évêque, c’est justement cela qui le trouble : il a fait le mal pour le seul plaisir de l’interdit. Sur un rien, il construit une réflexion sur le désir. C’est la méthode des Confessions : creuser un petit fait jusqu’à y trouver l’homme.
La journaliste. Vient ensuite Carthage.
FormadiLib. Vers 370. La grande ville, les études de rhétorique, les théâtres. Il vit avec une compagne, dont il ne donne jamais le nom, et ils ont un fils, Adéodat. Il lit un livre de Cicéron, l’Hortensius, qui lui donne la soif de la sagesse. Puis il rejoint les manichéens, pour neuf ans environ.
La journaliste. Le livre ne cache pas ses ombres.
FormadiLib. Non, c’est un choix assumé. En 383, Augustin trompe sa mère pour embarquer vers Rome sans elle. À Milan, il renvoie la mère de son fils, sous la pression d’un mariage arrangé. Le livre le dit nettement : le contexte explique l’acte, il ne le justifie pas. Plus tard, l’évêque admettra que l’État contraigne les donatistes, une position qui servira ensuite à justifier des persécutions.
La journaliste. Milan, c’est aussi le tournant.
FormadiLib. En 384, il obtient la chaire de rhétorique de la cour impériale. Il écoute l’évêque Ambroise, il lit les platoniciens. Il sait où il veut aller, et pourtant il n’y va pas. Puis, un jour de l’été 386, dans un jardin, il entend une voix d’enfant venue d’une maison voisine : « Prends et lis, prends et lis. » C’est au livre huit, chapitre douze. Il ouvre les lettres de l’apôtre Paul. L’auteur, volontairement, ne recopie pas la scène : il vous envoie la lire chez Augustin.
La journaliste. Et le baptême suit.
FormadiLib. La nuit de Pâques 387, des mains d’Ambroise, avec son fils et son ami Alypius. Monique meurt peu après, à Ostie. Augustin rentre en Afrique. Il devient prêtre à Hippone en 391, malgré ses protestations, puis évêque, pour plus de trente ans. Quand Rome est pillée par les Wisigoths, en 410, il répond par une œuvre immense, La Cité de Dieu. Il meurt le 28 août 430, pendant que les Vandales assiègent sa ville.
La journaliste. Pourquoi en faire notre contemporain ?
FormadiLib. Parce qu’il a décrit ce que chacun connaît : décider un soir de changer, et se retrouver le lendemain au même point. Ou sentir un manque au cœur même d’une réussite. Il a aussi écrit, au livre onze, cette phrase sur le temps : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je veux l’expliquer à qui me le demande, je ne le sais plus. »
La journaliste. Concrètement, par où entrer ?
FormadiLib. Le livre donne une boussole. Commencer par les Confessions, et par elles seules. Si vous aimez les histoires, ouvrez directement le livre huit, celui du jardin. Sinon, le livre un, l’enfance. Lisez les neuf premiers livres, et laissez de côté, sans remords, les derniers à la première lecture. Choisissez une traduction de poche récente, numérotée par livre, chapitre et paragraphe. Et gardez sous la main les dix fiches-clés de la fin : la grâce, le temps, la Cité de Dieu, Monique…
La journaliste. Un dernier mot ?
FormadiLib. Celui qu’Augustin place dès les premières lignes des Confessions : « Tu nous as faits orientés vers toi, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi. »
La journaliste. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr. Sur la page du livre, ouvrez le Carnet de ressources de Saint Augustin : la basilique d’Annaba, des manuscrits médiévaux, des émissions de France Culture et de KTO, le tableau d’Ary Scheffer au musée du Louvre. Vous y trouverez aussi deux fiches gratuites, sur les Confessions et sur le temps. Et chaque livre FormadiLib a désormais son Carnet de ressources.
FormadiLib. Saint Augustin d’Hippone, collection Connais-moi, sur Amazon. Et tous les Carnets de ressources sur formadilib.fr.
La journaliste. Merci de nous avoir écoutés.