Diriger sans s’isoler
Comment sortir de la solitude du manager, d’Eleanor Sorel
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : tu entres dans la salle de pause où tu déjeunais encore avec tes collègues. Maintenant, tu diriges le service. À ton arrivée, la conversation se tend. Tu sens que ta place a changé avant même d’avoir dit bonjour. Ça peut faire drôle, non ?
La coach. Cette scène ouvre « Diriger sans s’isoler », d’Eleanor Sorel. Marion vient d’être promue à la tête du service où elle travaillait. J’ai connu ce décalage : retrouver les mêmes visages et sentir que les liens ont changé. On croit retrouver son quotidien ; tout a bougé.
L’amie. Alors, toi qui écoutes, as-tu déjà senti une conversation s’arrêter quand tu entrais ? Gardes-tu tes doutes pour toi parce que tu es la cheffe ? Repasses-tu une décision dans ta tête la nuit ? Trois questions, et peut-être déjà un drôle de silence en toi.
La coach. Quand on te demande comment tu vas, réponds-tu que ça va, même épuisée ? Ton agenda est plein, mais as-tu quelqu’un à qui parler sans qu’il attende une décision ou un service ? Au milieu de tant de monde, tu n’as personne à qui déposer ce qui pèse.
L’amie. Si tu t’es reconnue, tu es concernée. Ce n’est pas un défaut de caractère ni la preuve que tu ne sais pas diriger. La solitude du pouvoir touche aussi les personnes entourées. On peut être entourée toute la journée et se sentir seule quand même.
La coach. La vraie question, c’est de distinguer la solitude choisie, qui aide à réfléchir, de la solitude subie, qui enferme et use. Porter la responsabilité d’une décision ne veut pas dire la fabriquer seule. Tu écoutes différents avis, puis tu assumes ton choix. C’est diriger sans s’isoler.
L’amie. Et si on ne fait rien, voilà ce qui arrive : les décisions nous suivent jusque dans le lit. Marion repassait ses choix la nuit sans rien dire. À force, on se fatigue, on dort mal et on croit qu’il faut tout cacher. Le silence épuise, mais ce n’est pas une fatalité.
La coach. Une fois son cercle constitué, Marion a partagé ses arbitrages difficiles avant de rentrer. Son sommeil est revenu lentement. Demander un avis l’a aidée à voir plus clair sans lui retirer sa responsabilité. La décision restait la sienne, mais elle ne la préparait plus seule.
L’amie. On ne doit pas tout raconter à tout le monde, et l’équipe ne peut pas devenir la confidente de la cheffe. Mais jouer sans arrêt la dirigeante imperturbable, sans lieu sûr, finit par nous couper de notre fatigue. Ce masque-là, sans endroit pour le retirer, coûte cher.
La coach. Exactement. Le livre le formule ainsi : « Le problème n’est pas le masque. Le problème, c’est de n’avoir aucun endroit où le retirer. » Une vérité dosée humanise ta présence. Tu as besoin d’un espace sûr.
L’amie. Bon, là, j’ai envie d’agir. Inutile d’attendre une crise pour recréer du lien. Premier geste : la carte de la solitude. Trois colonnes : avec qui tu partages encore la table, à qui tu dis encore les choses, et qui te renvoie un regard franc. Tu vois tout de suite où sont les trous.
La coach. Deuxième geste : la décision en deux temps. Tu demandes d’abord à deux ou trois personnes aux regards différents d’examiner le problème. Ensuite, tu refermes la consultation et tu décides toi-même. Tu écoutes sans abandonner ta place.
L’amie. Je peux demander un regard sans demander à quelqu’un de décider à ma place. Avant de garder une inquiétude pour moi, je me demande ce que je cherche : un avis, du réconfort ou un endroit où déposer ce que je porte. Rien que ça clarifie la prochaine étape.
La coach. Pose-toi cette question du livre : « À qui ai-je parlé cette semaine de ce qui compte vraiment ? » Si la réponse est personne, c’est un signal, pas une condamnation. Reprends contact, propose un café ou choisis un endroit sûr pour parler franchement.
L’amie. Cette semaine, je dessine ma carte avec les trois colonnes, puis j’écris à une ancienne collègue pour lui proposer un café. Pas besoin d’attendre le moment parfait. Un premier message suffit parfois à rouvrir une porte. Allez, j’envoie ce message.
La coach. Alors voilà ce que je te propose de retenir : « Porter seul n’est pas être seul. » La solitude ne disparaîtra peut-être pas entièrement, mais elle n’a pas à devenir un isolement total. Choisis un geste et fais-le cette semaine. Tu n’as pas à tout traverser sans alliées.
L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Eleanor Sorel, « Diriger sans s’isoler », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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