Le syndrome de la gentille fille
Arrêter de vouloir plaire au travail, d’Eleanor Sorel
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : lundi, Sabine reçoit trois demandes. Intégrer une recrue dans un autre service, reprendre le passage en comité d’une collègue, puis revoir le budget avant vendredi. Elle dit oui à chaque fois. Jeudi soir, elle est encore seule au bureau à vingt et une heures, à faire un travail qui n’est pas le sien.
La coach. Cette scène ouvre le livre d’Eleanor Sorel, « Le syndrome de la gentille fille ». Moi aussi, j’ai connu ce oui qui sort avant même qu’on regarde son agenda. On répond vite, pour calmer la pièce et éviter à quelqu’un d’attendre. Et voilà : on s’engage sans vérifier ce qu’on peut vraiment faire.
L’amie. Toi qui écoutes, est-ce que tu dis « bien sûr » avant d’avoir vérifié ta charge ? Est-ce que tu te proposes en réunion dès qu’un silence apparaît ? Ou reprends-tu le travail d’un collègue parce qu’une tâche est en souffrance ?
La coach. Est-ce que tu réponds à un message professionnel dans la minute, même le soir ? Est-ce que tu caches un désaccord pour ne froisser personne ? La gentillesse n’est pas le problème. Tu peux être chaleureuse sans réparer, relire et dépanner automatiquement. Aider, oui ; tout porter, non.
L’amie. Si tu t’es reconnue, tu es concernée. Pas parce que tu serais trop gentille, ni parce que tu devrais devenir dure. On commence par observer, sans se juger. Pas besoin de corriger chaque réponse : c’est déjà utile.
La coach. Premier outil : Sabine note ses oui pendant une semaine. Sur douze, huit sont liés au bouclage, entre dix-huit et vingt et une heures. Quand les bureaux se vident, le oui vient plus vite.
L’amie. Quand les demandes s’empilent, les soirées disparaissent et les autres te croient disponible sans limite. Et si on ne fait rien, voilà ce qui arrive : Anthony raconte le départ brusque d’un chef d’atelier, après quinze ans sans jamais refuser ni râler. Son ras-le-bol éclate d’un coup !
La coach. Ce n’est pas la preuve que tout service mène à l’épuisement. C’est un signal. Le chef d’atelier n’avait jamais exprimé son ras-le-bol avant de partir. Quand on dit oui à tout, les autres ne voient pas toujours la fatigue. Alors on la leur dit.
L’amie. Aider n’est pas le problème. Sabine aide l’alternant à préparer sa présentation sans amertume. Un autre jour, elle reprend la mise en forme d’un dossier bâclé. Là, elle reste crispée jusqu’au parking. Même geste, sensation différente : un indice à écouter.
La coach. Une nuance forte du livre : l’apparence d’un oui ne dit pas s’il vient d’un choix ou de la peur. La paix après le geste signale un oui choisi. La crispation ou la rumination invitent à regarder ce qui s’est passé, sans se raconter d’histoires.
L’amie. Bon, là, je me reconnais. Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On ne baisse pas les bras ! Pas question de remplacer le oui automatique par un non à tout. Le cap, c’est une gentillesse qui nous appartient, avec des gestes choisis.
La coach. Après un oui, observe sans te gronder : qui a demandé ? Quel signal ton corps a envoyé ? Avais-tu vraiment envie ? Sabine voit que son réflexe revient surtout pendant le bouclage. Son relevé rend le déclencheur visible et lui donne les moyens d’agir.
L’amie. Un carnet suffit. Note la personne, la situation et ce que tu as senti avant de répondre. À la fin de la semaine, relis : pas pour te reprocher tes réponses, mais pour repérer les oui rapides et ceux que tu choisis.
La coach. Deuxième outil : prends un délai avant de répondre à une demande écrite. Dix minutes suffisent. Sabine utilise une phrase-tampon : « je regarde le planning et je te dis. » Puis elle vérifie son temps, sa charge et son envie. La pause te laisse choisir.
L’amie. Cette pause change la scène. Sabine utilise sa phrase dix-huit fois le premier mois. Elle accepte onze demandes, et sept se règlent autrement. Tout ne repose donc pas sur tes épaules. Voilà qui mérite qu’on essaie !
La coach. Le délai ne sert pas à refuser davantage. Il peut mener à un oui plein, si tu as le temps et l’envie d’aider. Il permet à ton jugement d’arriver avant la peur de déplaire. Alors, tu marques une pause et tu regardes.
L’amie. Et quand l’autre fait la moue ? Quand un silence ou une réponse froide me donne envie de tout réparer ? J’ai cru qu’une personne déçue de moi signifiait que j’avais mal agi. Pourtant, sa déception et la qualité de mon travail sont deux choses différentes. Il faut que je me le répète !
La coach. Pose-toi cette question : « Est-ce que je choisis, là, ou est-ce que je subis ? » La déception de l’autre dit ce qu’il préfère, pas ta valeur ni la qualité de ton travail. Tu peux laisser passer un petit froid sans chercher aussitôt à le réparer.
L’amie. Sabine aussi rechute. Après l’arrivée d’un nouveau directeur, elle reprend des dossiers, accepte trois samedis d’affilée et laisse passer une réorganisation qu’elle juge mauvaise. En six semaines, son ancien réflexe revient. Ça ne veut pas dire que tout est annulé. Une rechute, ce n’est pas la fin de l’histoire !
La coach. Exactement. La fatigue, le stress ou un nouveau regard hiérarchique réveillent un vieux réflexe. Le livre conseille de repérer le déclencheur plutôt que de se condamner. Sabine reprend son travail. Un an plus tard, elle regarde sa semaine avant de répondre et rentre à dix-huit heures le jeudi.
L’amie. Cette semaine, je choisis une petite expérience : noter mes oui quelques jours, puis attendre avant de répondre au prochain message. Pas besoin de changer toute ma vie lundi matin. Je veux écouter ce qui se passe en moi avant de décider si j’ai envie d’aider. Je peux commencer tout de suite.
La coach. Tu peux rester généreuse sans être disponible à chaque instant. Le livre s’ouvre sur cette phrase, d’après Aristote : « On ne peut pas plaire à tout le monde et être fidèle à soi-même en même temps. » Commence petit, regarde ce qui change, et reprends ta place avec douceur. Le but n’est pas d’être dure, mais de choisir. Alors, choisis.
L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Eleanor Sorel, « Le syndrome de la gentille fille », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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