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Six minutes pour oser · le podcast de la collection Femmes au travail
Couverture de Sortir de l’auto-sabotage
Tome 5 · 5 min 51 s

Sortir de l’auto-sabotage

Confiance en soi et auto-sabotage au travail, d’Elisabeth Solberg

Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)

Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.

Le texte de l’épisode

L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine la scène. Tu viens de piloter une présentation pendant presque un an. On te félicite, tu remercies, puis tu ajoutes aussitôt : « Oh, c’est vraiment l’équipe, hein — sans eux je n’aurais rien pu faire. » Et ton corps se retire un peu.

La coach. Cette scène ouvre « Sortir de l’auto-sabotage », d’Élisabeth Solberg. Depuis plus de vingt ans, elle observe les gestes qui nous rapetissent au travail. Je connais ça aussi : recevoir un compliment, puis chercher comment le faire disparaître, comme si l’accueillir révélait quelque chose de mauvais sur moi.

L’amie. Moi aussi ! Est-ce que tu minimises une réussite en disant que c’est surtout l’équipe ? Ou gardes-tu une idée jusqu’à la fin d’une réunion, pour l’envoyer ensuite par message ? On se dit qu’on attend le bon moment. Et hop, l’idée sort de la pièce sans nous.

La coach. Est-ce que tu commences un courriel à ta hiérarchie par des précautions ? Ou choisis-tu le siège du fond, alors que tu peux t’installer ailleurs ? Le langage et le corps nous poussent parfois vers le retrait.

L’amie. Si tu t’es reconnue, tu es concernée. Pas parce qu’il y aurait quelque chose qui cloche chez toi. Ces réflexes sont si anciens qu’on les prend pour un trait de caractère. Pourtant, ils se déclenchent surtout dans certaines situations ou avec certaines personnes. Voilà une piste à observer.

La coach. Sonia note ses réflexes pendant une semaine : « Elle avait noté sept moments. Sept moments en cinq jours. » En trois ans, son nom apparaît douze fois dans les comptes rendus, malgré quatre projets pilotés et deux situations difficiles redressées. Les faits sont là, mais son nom s’efface.

L’amie. Et si on ne fait rien, voilà ce qui arrive. Après presque quatre ans dans l’entreprise, un poste supérieur s’ouvre. Personne ne pense à Sonia. Elle a beaucoup apporté, mais ses contributions restent peu visibles dans les mémoires. Ça, c’est le prix du retrait.

La coach. C’est le piège : on croit qu’il faut se vendre davantage, alors que le livre montre qu’on retire peu à peu de la visibilité à ce qui est déjà là. La modestie reconnaît sa part et celle des autres ; l’effacement réduit la sienne. La différence est nette.

L’amie. En réunion, Sonia garde une idée pertinente jusqu’à la fin, parce qu’interrompre lui semble déplacé. Elle l’envoie ensuite par message. L’équipe perd son analyse au moment de la décision. Ça coûte, et ça se voit.

La coach. Le but n’est pas de parler à tout prix ni de prendre toute la place. Sonia reconnaît qu’elle n’a pas les compétences techniques pour juger une partie d’un dossier. C’est une vraie limite, pas une façon d’atténuer une analyse qu’on maîtrise.

L’amie. Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On ne baisse pas les bras ! Pas besoin de devenir une autre personne ni de jouer la confiance. On commence par observer ce qui se passe, sans se juger. Ça, c’est à notre portée.

La coach. Premier outil : la carte des effacements. Tu observes cinq terrains : tes mots, ta voix, ton corps, ton mérite et ta place dans les décisions. Tu notes les moments et ce qui les déclenche, sans rien changer d’un coup. Observer ralentit le réflexe, et te redonne le choix.

L’amie. J’aime bien : pas besoin de se faire la morale. Sonia remarque qu’elle attend la fin d’une réunion avant d’envoyer son idée. Commence par un registre, comme les courriels, et repère ce qui se répète. Pas besoin d’attaquer les cinq fronts à la fois !

La coach. Deuxième outil : le nettoyeur de langage. Relis un courriel à voix haute, puis retire les excuses ou précautions qui ne traduisent pas une vraie nuance. Une demande claire n’est pas agressive. Dis ce que tu demandes, sans t’excuser d’avance. C’est direct et respectueux.

L’amie. Voici la question à te poser : ce geste, tu l’as choisi après réflexion, ou il est parti tout seul ? Et qu’est-ce qu’il écarte : ton effort, ta compétence, ta décision ? Ces questions éclairent la scène et t’aident à reprendre ta place. C’est déjà une action.

La coach. Oui ! Si tu t’aperçois que tu t’es effacée, ne transforme pas ce moment en verdict sur qui tu es. Sonia connaît des retraits, puis revient à ses recommandations. Progresser, c’est repérer plus vite le déclencheur et corriger sans surcompenser. On avance, on ajuste, on recommence.

L’amie. Cette semaine, je choisis un geste simple : observer mes courriels et repérer les précautions que j’ajoute automatiquement. Puis j’en retire une, si elle n’exprime pas une vraie nuance. Pas besoin de tout bouleverser : un essai suffit. Allez, je m’y mets !

La coach. Quand quelqu’un te félicite, dis merci, et arrête-toi là. Sonia le fait un lundi, devant sept personnes. Ensuite, une collègue vient la chercher pour un autre projet. La reconnaissance a fait son chemin, parce qu’elle ne l’a pas renvoyée. Accueille ta part, tout simplement.

L’amie. Revenir à sa place ne veut pas dire gagner chaque réunion. On peut hésiter, avoir une rechute, puis reprendre le fil. Le but, c’est d’apporter ce qu’on sait, sans gonfler sa présence et sans la faire disparaître. La juste taille, ni plus ni moins.

La coach. Le livre le dit très bien : « On ne devient pas plus grande — on cesse de se rapetisser sans le vouloir. » Alors, cette semaine, observe un automatisme, choisis un petit geste de retour, et laisse ta contribution apparaître à sa juste taille. Pas besoin de devenir quelqu’un d’autre.

L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Élisabeth Solberg, « Sortir de l’auto-sabotage », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !

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