Dire non sans casser la relation
Refuser sans culpabiliser, d’Elisabeth Solberg
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : il est dix-sept heures quarante, tu attrapes ton sac et tu files vers l’ascenseur. Un collègue te demande de reprendre un dossier pour demain matin. Tu sais que ce sera long. Tu dis oui. L’ascenseur repart sans toi.
La coach. C’est la scène qui ouvre le livre d’Élisabeth Solberg, « Dire non sans casser la relation ». Moi aussi, j’ai déjà répondu avant de regarder mon agenda. Après, je découvrais le prix de ce oui, seule, le soir. La demande arrive, le oui fuse, et c’est ton temps qui paie.
L’amie. Toi qui écoutes, est-ce que tu réponds oui à un message de dernière minute sans vérifier ton planning ? Ou acceptes une tâche dans le couloir parce que la personne attend ? Ça va vite, hein ? Et après, c’est toi qui dois faire avec.
La coach. Est-ce que tu restes tard parce qu’un ancien collègue le faisait, sans qu’on te le demande ? Ou relis tes comptes rendus encore et encore ? Parfois, ces oui et ces heures s’installent sans qu’on les ait choisis.
L’amie. Si tu t’es reconnue, tu es concernée. Le livre décrit trois signes du oui automatique : la vitesse, l’absence de sensation claire au moment de répondre, puis le poids qui arrive après. Ce n’est pas de la faiblesse, mais un mécanisme à débusquer.
La coach. Prends Juliette. Il est vingt heures dix, elle reçoit une demande de révision budgétaire pour un comité à huit heures le lendemain. Demande tardive, délai serré : le réflexe est prêt à répondre avant même qu’elle regarde sa charge.
L’amie. Et si on ne fait rien, voilà ce qui arrive. Juliette accepte un dossier de dernière minute et reste travailler au lieu de quitter le bureau. La charge s’accumule, et même les proches reçoivent notre fatigue. Le oui automatique déborde du bureau et grignote le reste.
La coach. Autre scène : Juliette relit ses comptes rendus deux fois, une heure par semaine ou davantage. Un jour, sa responsable lui explique qu’elle ne regarde que les décisions et les échéances. Juliette perdait son temps sur une vérification que personne ne lui demandait.
L’amie. On croit qu’être la personne sur qui tout le monde compte nous protège du jugement. Mais on peut accepter des tâches invisibles, s’épuiser et perdre de vue ses priorités. Être fiable, ce n’est pas tout prendre : il faut voir où part notre énergie.
La coach. Une idée forte du livre : le oui automatique est un mécanisme appris, pas un trait de caractère. Certaines obligations viennent d’une ancienne habitude ou d’une attente imaginée. On remonte à leur origine et on vérifie : quelqu’un l’a-t-il réellement formulée ?
L’amie. Parfois, on aime aussi se sentir nécessaire. Alors abandonner une tâche, même non demandée, fait drôle. Mais regardons ce que cette habitude nous apporte et nous coûte. Pas de jugement : on ouvre les yeux et on reprend la main.
La coach. Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Le but n’est pas de refuser tout par principe, mais de rendre au oui et au non leur statut de choix. On ralentit, on regarde, puis on décide.
L’amie. Premier outil : le sas des trois secondes. Quand une demande arrive, fais une pause. Dis que tu vas vérifier ton planning et revenir vers la personne. Trois secondes suffisent pour rouvrir l’espace de décision et empêcher le oui de sortir tout seul.
La coach. Un vendredi à dix-sept heures, un collègue demande un tableau pour lundi. Juliette dit oui trop vite. La semaine suivante, elle vérifie son planning, annonce qu’elle répondra dans l’heure, puis décline. Une pause, une vérification, une réponse claire.
L’amie. Deuxième outil : la grille des trois portes. La demande relève-t-elle de ton poste ? As-tu le temps sans sacrifier une priorité ? Quelqu’un d’autre peut-il s’en charger ? Tu peux accepter, reporter, déléguer ou refuser. On sort du oui automatique et on choisit vraiment.
La coach. Face à sa direction, Juliette demande vingt-quatre heures pour vérifier sa charge. Le lendemain, elle propose de traiter la partie urgente et de reporter le reste de dix jours. Son responsable accepte. Elle pose un cadre et propose une organisation.
L’amie. Voilà une limite qui ne claque pas la porte : on reconnaît la demande, on expose la réalité, puis on propose une autre organisation. Cela ne garantit pas que chacun sera ravi. Mais dire oui à tout n’est pas une recette magique pour préserver une relation.
La coach. Un refus mal reçu n’est pas automatiquement une erreur. Trois jours après une scène, Juliette voit que son premier refus, adressé sèchement à sa voisine, manquait de reconnaissance. Elle ajuste la manière de le dire sans abandonner sa limite.
L’amie. Et si l’autre insiste ? Juliette a d’abord beaucoup expliqué, puis a fini par céder. À la relance suivante, elle répond calmement : « Je comprends que le sujet compte, ma réponse reste la même. » Pas besoin d’ajouter une justification ni de relancer le débat.
La coach. Demande-toi : cette demande est-elle réellement urgente, ou son ton pressé me pousse-t-il à répondre trop vite ? Qu’est-ce qui a changé depuis mon premier refus ? S’il n’y a aucun fait nouveau, ta limite reste la même. Tu écoutes, tu vérifies, tu choisis.
L’amie. Mon engagement pour cette semaine : avant un prochain oui, je prends trois secondes et regarde mon agenda. Puis j’examine une demande avec les trois portes. Pas besoin de tout changer en un jour ; un choix conscient, c’est déjà du mouvement.
La coach. Alors voilà ce que je te propose de garder en tête : « Le geste juste n’est pas de ralentir tout. C’est de ralentir ce qui compte. » Tu peux être attentive à l’autre et claire sur ce que tu peux faire. Prends ces trois secondes, regarde ta charge et réponds en choisissant.
L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Élisabeth Solberg, « Dire non sans casser la relation », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
← Épisode précédent : Se faire respecter au travailÉpisode suivant : Sortir de l’auto-sabotage →Toute la série Six minutes pour oser →Tous les podcasts →






