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Six minutes pour oser · le podcast de la collection Femmes au travail
Couverture de Se faire respecter au travail
Tome 3 · 5 min 57 s

Se faire respecter au travail

Leadership au féminin, d’Elisabeth Solberg

Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)

Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.

Le texte de l’épisode

L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : tu es en formation, et Léa vient de refuser de reprendre pour le week-end une note à finir lundi matin. Un collègue propose alors de la regarder vendredi soir, deux heures maximum. Léa répond qu’elle va voir. Le non est sorti, mais le oui n’est jamais très loin.

La coach. Cette scène ouvre « Se faire respecter au travail », d’Élisabeth Solberg. Je l’ai reconnue tout de suite : moi aussi, j’ai dit oui avant de vérifier si j’en avais envie ou le temps. Sur le moment, ça ressemble à de la gentillesse. Après, la charge est là, en plus.

L’amie. Alors, toi qui écoutes, réponds-tu aux messages du soir, reprends-tu le dossier d’un collègue ou acceptes-tu une vérification avant le week-end en te disant que ça ne prendra pas longtemps ?

La coach. Est-ce que tu dis oui avant de regarder ton agenda, puis tu regrettes dans le train du retour ? Tu acceptes une réunion que personne ne voulait préparer, ou tu décales tes congés avec un « Pas de problème » qui ne te ressemble pas.

L’amie. Si tu t’es reconnue, tu es concernée. Les oui s’enchaînent si vite qu’on ne voit même plus ce qu’ils nous coûtent. Léa répondait oui depuis des années. Un soir, elle a écrit tout ce qu’elle avait accepté alors qu’elle aurait préféré refuser. Sa conclusion : elle se sentait comme une infrastructure.

La coach. Le livre ne vend pas de phrase magique qui fera respecter chaque limite. À force de toujours se rendre disponible, on inscrit cette disponibilité dans les calculs des autres. Poser une limite, ce n’est pas lâcher la coopération : c’est dire clairement ce qui est possible et garder du temps pour son travail.

L’amie. On veut être fiable, aider l’équipe, ne pas compliquer la journée de quelqu’un. Et sans s’en apercevoir, on finit disponible tout le temps. Alors, oui ou non : a-t-on le droit de refuser sans expliquer toute notre vie ?

La coach. Oui ! L’idée forte du livre, c’est que le refus n’a pas à être mérité. Comme l’écrit Élisabeth Solberg : « Vous n’avez pas à mériter votre limite. » Tu informes l’autre pour organiser le travail, pas pour demander la permission. Une décision brève suffit.

L’amie. Là, j’ai envie de bouger ! On commence simplement, sans courir après la formule parfaite. Le but, ce n’est pas de devenir dure : c’est de choisir ce qu’on accepte au lieu de répondre par réflexe.

La coach. Premier outil : la phrase-limite. Choisis une réponse courte, vraie, sans excuse ni justification, et répète-la calmement. Par exemple : « Ce dossier ne fait pas partie de mon périmètre. Je ne serai pas disponible pour le traiter. » C’est clair. Ton refus n’ouvre pas un débat.

L’amie. Et si la personne insiste ? Léa a répété son refus après une question et une relance. Pas besoin d’ajouter une explication pour rendre le non plus acceptable. Tu répètes calmement : pas besoin d’une formule brillante pour être entendue.

La coach. Un vendredi, un dossier qui circule depuis des semaines arrive chez la narratrice. Elle dit qu’il ne relève pas de son périmètre et qu’elle ne sera pas disponible. Deux heures après, quelqu’un d’autre l’a pris. Le travail a trouvé une autre solution.

L’amie. Deuxième outil : le sas anti-culpabilité. Après ton refus, attends avant de rouvrir ta messagerie pour t’excuser ou proposer une compensation. Vérifie si ta façon de parler était juste, sans retirer une décision valable. Ajouter une tâche tout de suite, c’est recréer la charge que tu viens de refuser.

La coach. Corinne attendait le lendemain matin avant d’écrire quand l’envie de réparer après un refus arrivait. Son carnet l’aidait à distinguer une vraie maladresse de la culpabilité liée au non. La pause lui permettait de regarder les faits, plutôt que de céder à l’inconfort.

L’amie. Au moment où tu hésites, pose-toi cette question : « Si je changeais ma décision, est-ce qu’un fait réel serait corrigé ? » Tu verras si tu répares un problème ou si tu cherches seulement à calmer ton inconfort. Si tu as été sèche, corrige le ton sans retirer le fond.

La coach. Exactement. « La culpabilité n’est pas un verdict. » Corrige la forme si besoin, mais garde ta limite. Si une demande revient sous un autre intitulé, nomme le fait sans accuser l’autre, puis redis ta position.

L’amie. Cette semaine, je choisis une demande que je ne veux pas accepter automatiquement. Je vérifie si elle m’incombe, puis je réponds en une phrase claire. Et si la culpabilité arrive, je lui laisse passer la nuit avant d’agir. Une pause, c’est le temps de choisir.

La coach. Léa voit son responsable lui renvoyer le même projet trois jours après son refus, sous un intitulé légèrement différent. Elle apprend à nommer ce qui se passe, sans prêter d’intention, puis à répéter sa limite. La poser clairement ne force pas l’autre à la respecter.

L’amie. Pas besoin de faire un grand discours ni de devenir dure. On commence par un non clair, on observe ce qui se passe, et on ajuste. Nos limites méritent leur place dans la semaine. Si l’autre résiste, ça ne prouve pas que notre refus était mauvais.

La coach. Alors voilà ce que je te propose de retenir : « Le respect durable est une affaire de constance, pas d’éclat. » Une limite ne garantit pas l’accord de l’autre, mais tu clarifies ce que tu protèges et tu le rappelles. Avance à ton rythme : le changement est progressif, et ta place est à toi.

L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Le livre d’Élisabeth Solberg, « Se faire respecter au travail », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !

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