Après 60 ans, plus d’optimisme
Retrouver l'envie sans se raconter d'histoires : le mode d'emploi, de Solène Vardan
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « Toss the Dice », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
La journaliste. Bienvenue dans « Six minutes pour se relancer ». À partir de quand l’espoir devient-il une façon élégante de se mentir ? Et pourquoi une phrase comme « à votre âge, il faut être raisonnable » peut-elle rétrécir l’avenir avant même qu’on l’ait essayé ? Un livre de Solène Vardan pour retrouver l’envie et garder le moral, sans se raconter d’histoires.
FormadiLib. Le livre part d’une idée qui me plaît : l’optimisme n’est pas réservé aux gens qui sourient sur les photos. C’est une pratique. On peut perdre l’habitude d’attendre quelque chose, puis la retrouver par de petits gestes.
La journaliste. Je me méfie du mot optimisme. Il sert parfois à répondre à quelqu’un qui souffre : « Regarde le bon côté. » Est-ce que vouloir voir le bon ne risque pas de rendre sourd à ce qui va mal ?
FormadiLib. Le livre se méfie aussi de cette version-là. Dire que tout va bien quand rien ne va, c’est recouvrir la peine. L’optimisme lucide garde les deux aspects en vue : une perte reste une perte, mais elle ne raconte pas forcément toute l’histoire.
La journaliste. Les autres racontent parfois notre histoire à notre place : « À votre âge, vous n’allez pas commencer ça. » On croit entendre de la sollicitude, mais on reçoit une frontière. Comment distinguer une limite réelle de celle qu’on a posée pour nous ?
FormadiLib. Le livre n’affirme pas que le corps ou les circonstances obéissent à la volonté. Il invite à regarder ce qui reste possible. Après une opération, Hervé ne pouvait plus marcher loin. Il a pourtant vu qu’il pouvait aller jusqu’au banc.
La journaliste. Ce banc, c’est une jolie réponse aux grandes déclarations. Mais comment éviter d’en faire une consolation facile : « Vous ne pouvez plus faire ceci, réjouissez-vous de pouvoir faire cela » ?
FormadiLib. Sans demander à Hervé d’être content de sa perte. Il ne récupère pas ses capacités d’avant ; il découvre seulement que « je ne peux plus marcher » ne disait pas toute la vérité. Il recommence à attendre le banc, une visite, revoir la mer.
La journaliste. Donc l’espoir ne promet pas une meilleure suite. Il empêche qu’une phrase définitive prenne toute la place. Quand on dit « c’est fini pour moi », on transforme parfois une période pénible en verdict sur toute sa vie.
FormadiLib. Le livre rappelle qu’on peut agir avant d’avoir retrouvé l’envie. Une petite action ne prouve pas que tout s’arrange ; elle donne une prise sur aujourd’hui. « Le geste vient d’abord, la sensation suit. » C’est praticable.
La journaliste. Antoine me touche. Retraité, il reportait les invitations et ne préparait plus rien. Karim lui demande s’il croit à ses encouragements. La question le heurte : il réalise qu’il ne croit plus à ses propres formules.
FormadiLib. Il ne se transforme pas soudain en champion de la bonne humeur. Il note des choses simples et repère ce qui va. Le marché du mardi redevient attendu ; il partage ses trouvailles avec sa femme. L’élan revient par fragments.
La journaliste. J’aime qu’il y ait une rechute. Antoine jette son carnet pendant une période difficile. Dans la vraie vie, les habitudes ne suivent pas une ligne droite : on lâche, puis on se reproche d’avoir lâché. L’effort devient alors un examen de moralité.
FormadiLib. Le livre propose une autre lecture : un jour manqué n’annule pas les précédents. On reprend sans procès ni rattrapage. La femme d’Antoine retrouve son carnet et le remet à sa place, sans un mot de reproche. Quelques jours plus tard, il s’y remet.
La journaliste. À force d’entendre qu’il faut ralentir et ne pas rêver trop grand, on confond prudence et renoncement. Combien de projets abandonne-t-on par manque d’énergie, et combien par peur d’avoir l’air ridicule en les commençant ?
FormadiLib. Le livre n’invite pas à prouver quoi que ce soit. Il encourage à choisir un projet faisable avec ce qu’on a déjà : réparer un objet, faire pousser des herbes, prendre un rendez-vous. Une décision à sa mesure.
La journaliste. Alors, qu’avez-vous cessé d’attendre pour éviter une déception ? Et quelle phrase sur l’âge avez-vous fini par reprendre à votre compte, sans vérifier si elle était vraiment la vôtre ? Le livre ne promet pas que tout ira bien. Il suggère qu’un petit demain peut déjà changer la façon de regarder aujourd’hui.
FormadiLib. Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site formadilib.fr, où le Carnet de ressources du livre vous attend : un article de France Inter sur les bienfaits de l’optimisme, une page de Harvard Health sur l’optimisme et la longévité, et les repères de l’Organisation mondiale de la santé sur l’âgisme et le vieillissement. Chaque livre FormadiLib a son Carnet de ressources. Retrouver l’envie et garder le moral : le livre de Solène Vardan, dans la collection Après 60 ans, est sur Amazon. Et tous les Carnets de ressources sur formadilib.fr.
La journaliste. Merci pour cette conversation qui laisse la porte ouverte aux projets. Une nouvelle vie peut démarrer à la taille d’un premier geste. À très bientôt dans « Six minutes pour se relancer ».
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