Négocier son salaire
Négocier son salaire ou ses tarifs de freelance, d’Eleanor Sorel
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : un matin, au café, tu annonces que tu vas demander une augmentation. Tu donnes ton chiffre, puis tu le rabotes en trois secondes : « Enfin, peut-être un peu moins. Je ne veux pas passer pour gourmande. »
La coach. Cette scène ouvre « Négocier son salaire », d’Eleanor Sorel. Camille est compétente, reconnue, et pourtant son chiffre rétrécit au moment de le dire. Le livre précise qu’elle est un personnage composite, inspiré de dizaines de femmes écoutées par l’autrice.
L’amie. Alors, faisons le test tout de suite ! Toi qui écoutes : est-ce que tu prépares un montant, puis tu le baisses à voix haute ? Est-ce que tu attends que ta responsable remarque spontanément tout ce que tu apportes ?
La coach. Est-ce que tu acceptes des tâches en plus, en espérant qu’elles seront reconnues plus tard ? Si tu es indépendante, est-ce que tu factures encore au tarif fixé quand tu avais moins d’expérience, par peur de perdre tes clients fidèles ?
L’amie. Quand tu reçois un merci, est-ce que tu minimises ta part ? Si tu t’es reconnue une seule fois, tu es concernée. Le rabotage se glisse dans un sourire, un silence ou une petite phrase qui baisse le montant.
La coach. L’ouverture du livre résume la scène en quelques mots : « Voilà. Trois secondes. En trois secondes, elle vient de perdre une partie de ce qu’elle vaut. » Trois secondes, c’est rapide. Et ce qui se passe avant compte aussi : le chiffre, lui, était déjà préparé.
L’amie. Une cheffe de projet a trouvé un geste simple : à la fin de chaque mois, elle écrit trois lignes sur ses contributions marquantes. À l’entretien annuel, son carnet lui permet de présenter toute l’année, pas seulement les derniers souvenirs qui lui reviennent. J’adore cette idée !
La coach. Une autre professionnelle, responsable qualité, avait attendu six ans qu’on remarque son travail. Une collègue récemment arrivée, moins expérimentée, avait pourtant négocié un salaire supérieur. Attendre que les autres devinent, c’est perdre du temps et des occasions.
L’amie. Et Camille connaît aussi un échec. Trois ans avant sa rencontre avec Eleanor, elle demande une forte augmentation, sans fourchette ni pièces à l’appui. Son directeur garde le silence ; elle s’explique, s’éparpille, puis accepte une petite revalorisation.
La coach. Le livre ne transforme pas cet échec en verdict sur Camille. Il invite à regarder la méthode et le contexte, sans confondre le résultat avec sa valeur. Rachida, elle, choisit finalement de partir après une recherche discrète et deux entretiens ratés.
L’amie. Sept mois de recherche, puis un nouveau poste payé quatorze pour cent davantage. Mais Rachida laisse aussi une prime annuelle, l’équipe qu’elle avait construite et un projet qu’elle ne verra pas aboutir. Changer ouvre une porte, et le choix a aussi un coût.
La coach. Voilà la nuance : demander ne suffit pas à obtenir le montant voulu, et un refus ne dit pas tout de ta valeur. En revanche, si tu ne nommes rien, la discussion n’a aucune matière. Comme le dit le livre : « Ce qui n’a pas été dit ne peut pas être discuté. »
L’amie. Bon, là, j’ai envie de bouger ! On ne baisse pas les bras. Et pas question de jouer à la personne sûre d’elle à tout prix : on repère où le chiffre rétrécit, on rassemble des faits, puis on s’entraîne à les dire.
La coach. Premier geste : avant l’entretien, prépare trois repères, ton plancher, ton objectif et le premier chiffre que tu annonceras. Camille a posé sa fourchette, son carnet de valeur et sa phrase nette sur la table de sa cuisine, la veille de son rendez-vous.
L’amie. Ça, j’aime : ne pas improviser sa limite sous pression ! Autre geste utile : répéter l’annonce à voix haute. Tu t’exerces aussi à garder le silence et à répondre aux objections probables. Lire ton argumentaire dans ta tête ne suffit pas.
La coach. Pendant la répétition, Camille croit avoir gardé le silence une minute ; Eleanor lui dit qu’il a duré quatre secondes. Elle lui répond : « Eleanor. Quatre secondes. Voilà pourquoi on répète. » La voix haute révèle les hésitations qu’on ne voit pas sur le papier.
L’amie. Le jour de l’entretien, Camille s’appuie sur ses faits au lieu de combler le vide. Après avoir annoncé son chiffre, elle compte jusqu’à quatre. Son directeur lui demande alors sur quoi elle fonde sa demande, et elle ouvre son carnet.
La coach. Garde cette question en tête : est-ce que je baisse mon chiffre avant même de savoir sur quoi porte le refus ? Le silence n’est pas un non. Si la discussion s’arrête, demande ce qui bloque et quelle prochaine étape est possible.
L’amie. Une gêne, c’est un ressenti ; le montant, lui, se prépare avec des repères. Et si tu es indépendante, pense aux charges, aux congés non payés, aux périodes creuses et au temps que tu ne peux pas facturer.
La coach. Pour défendre ta demande, le livre conseille de partir de faits vérifiables, pas d’adjectifs sur ta propre valeur. Annonce ton chiffre sans excuse : la discussion peut commencer. Un chiffre aussitôt réduit répond à une objection que personne n’a formulée.
L’amie. Cette semaine, j’écris le montant que je veux et celui que j’aurais osé demander. Je note aussi trois contributions précises, puis je prononce mon annonce à voix haute. Pas besoin de tout régler aujourd’hui : je commence par repérer où je rabote.
La coach. Alors voilà ce que je te propose de retenir : « Le doute parle fort. Les faits parlent juste. » Réunis tes résultats, fixe ta fourchette, répète à voix haute. Le jour venu, dis ton chiffre sans t’excuser : une négociation ne mesure pas ta valeur personnelle.
L’amie. Alors, on commence par écrire, préparer, puis dire son chiffre. Même si la réponse n’est pas celle qu’on espérait, les faits restent là, et l’expérience servira à la prochaine discussion. Pas besoin d’attendre de ne plus avoir peur pour prendre sa place.
La coach. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Eleanor Sorel, « Négocier son salaire », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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