Le syndrome de l’imposteur au travail
Estime de soi et confiance au travail, d’Elisabeth Solberg
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine la scène. Ton projet a réussi au-delà des attentes, et le directeur général te remercie en public. Et toi, tu réponds : « C’est l’équipe, vraiment. Moi, j’ai surtout eu de la chance avec le timing. »
La coach. Cette phrase, c’est celle de Margaux, au tout début du livre d’Élisabeth Solberg, « Le syndrome de l’imposteur au travail ». Et je te l’avoue : je l’ai prononcée presque mot pour mot, il y a quelques années.
L’amie. Moi aussi ! Et sur le moment, on trouve ça élégant. Modeste. Sauf qu’en sortant, personne ne sait plus très bien qui a porté le projet.
La coach. Voilà le cœur du sujet. Ce doute porte un nom depuis la fin des années soixante-dix : les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes l’ont décrit. Et il n’épargne pas celles qui réussissent. Une enquête KPMG de 2020 : parmi 750 dirigeantes américaines, 75 % disent l’avoir connu.
L’amie. Trois sur quatre ! Bon, alors faisons le test, tout de suite. Toi qui écoutes : est-ce que tu relis dix fois un mail anodin avant de l’envoyer ?
La coach. Est-ce que tu arrives à une réunion de quarante-cinq minutes avec quatre pages de notes ? Est-ce que tu dis « ce n’est pas grand-chose » avant même qu’on t’ait posé la question ?
L’amie. Et ce brouillon génial, resté dans ta boîte d’envoi parce que l’idée n’était « pas assez mûre » ? Margaux l’a vécu : quelques semaines plus tard, sa directrice annonce le même changement. Proposé par quelqu’un d’autre.
La coach. Si tu t’es reconnue une seule fois, tu es concernée. Ce n’est pas un défaut de caractère. Le livre le dit très simplement : « Le doute de légitimité est une charge, pas une faute. »
L’amie. Une charge, d’accord. Mais une charge qui coûte cher ! Parce que si on ne fait rien, voilà ce qui arrive. Margaux prépare un dossier pour diriger un site industriel de trois cents personnes. Elle le garde deux semaines. Puis elle se retire, pour « laisser mûrir encore un peu ».
La coach. Et devine quoi : le poste part à un collègue. Pendant quatre ans, le périmètre de Margaux ne bouge plus. Personne ne l’a retenue, d’accord. Mais c’est elle qui a renoncé la première.
L’amie. Et ça ne s’arrête pas là. Hugo, un dirigeant qui apporte au livre son regard d’homme, raconte un entretien annuel. Une ingénieure commence par ce qu’elle n’a pas fini : il note « lucide sur ses limites ». Un collègue équivalent ouvre sur ses trois plus belles réussites : il note « leader ».
La coach. Et il le dit lui-même : « Même travail, deux étiquettes opposées — et c’est moi qui les ai écrites. » Voilà pourquoi, comme l’écrit Élisabeth Solberg, « Le silence coûte deux fois ». Il prive la réunion d’une idée, puis il fabrique une image réduite de toi.
L’amie. Bon. Là, j’ai envie de bouger. Qu’est-ce qu’on fait de tout ça ? Parce qu’on ne va pas baisser les bras.
La coach. Sûrement pas ! Et attention, on ne va pas jouer à la fille sûre d’elle. Le livre a une phrase que j’adore : « Nous ne vous demandons pas de performer la confiance. Nous vous proposons de reconstruire la preuve. »
L’amie. Reconstruire la preuve. Concrètement, ça donne quoi ?
La coach. Premier geste : l’inventaire de légitimité. Un carnet, et chaque semaine, trois faits précis et datés. Ce que tu as fait, toi, pas l’équipe en général. Notre mémoire garde les échecs et laisse filer les succès. Le carnet rétablit l’équilibre.
L’amie. Et ça marche ? Parce qu’un carnet, je vois déjà le mien finir sous une pile de dossiers…
La coach. Margaux l’a relu juste avant un comité. Sa réaction : « Je ne savais pas que j’avais fait tout ça. » Et c’est là que vient le deuxième geste : la réponse pleine. On te félicite ? Tu dis merci, tu nommes ta part, et tu supprimes le « mais » qui suivait.
L’amie. Et Margaux, elle l’a fait ?
La coach. Oui, devant le comité de direction. Elle a dit : « Merci. J’ai travaillé six mois sur ce projet. Voici ce que nous avons fait, et pourquoi ça a marché. » L’équipe est là, sa part aussi. Rien de prétentieux.
L’amie. J’adore. Et si la petite voix revient ? Parce qu’elle revient toujours, celle-là.
La coach. Elle reviendra. Alors garde une question sous la main : ce que je fais là, est-ce que ça améliore le résultat, ou est-ce que j’apaise une inquiétude ? Et une règle, celle de Margaux : quand elle entend « attends d’être sûre », elle tranche dans les quarante-huit heures.
L’amie. Donc cette semaine : trois faits dans le carnet, un merci sans « mais », et une décision que je repoussais. Franchement, ça se fait !
La coach. Ça se fait. Et retiens cette phrase du livre : « La légitimité n’est pas un état qu’on atteint. C’est une position qu’on prend. » Alors prends-la, ta place. Elle t’attend déjà.
L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Élisabeth Solberg, « Le syndrome de l’imposteur au travail », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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