Jules César
Le vrai César derrière la légende : quand la Rome antique bascule, d’Aurèle Vivens
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Musique : Respighi, Les Pins de Rome, « Les Pins du Janicule », par Musique des Marines des États-Unis. Domaine public.
Le texte de l’épisode
La journaliste. Bienvenue dans « Six minutes pour connaître ». Aujourd’hui, nous ouvrons le tome trois de la collection Connais-moi, « Jules César », signé Aurèle Vivens, aux éditions FormadiLib. Pourquoi lui consacrer un livre ?
FormadiLib. Parce que son parcours pose une question politique toujours actuelle : comment une République peut-elle céder du terrain à un chef victorieux, soutenu par son armée et populaire ? César n’a pas fondé l’Empire romain, mais a déplacé les limites du pouvoir et marqué le récit de ses origines. Son ambition et son intelligence politique vont de pair avec la violence de ses conquêtes.
La journaliste. Le livre commence par la postérité de son nom.
FormadiLib. Oui. Plus de deux mille ans après sa mort, le nom de César reste associé à la souveraineté. Il a donné les mots Kaiser et tsar. César n’est pas le premier empereur romain, mais son action ouvre un seuil nouveau. Le livre invite à regarder ses accomplissements et les effets de son ascension sur les institutions.
La journaliste. Et à Rome, comment gagne-t-il en influence ?
FormadiLib. Comme édile, il finance des jeux et des spectacles coûteux, et met en valeur des monuments liés à Marius. En 63, il devient grand pontife, une charge à vie. Lors de la crise de Catilina, il s’oppose à l’exécution des conjurés sans possibilité d’appel et propose leur détention à vie. Ils sont pourtant exécutés. En 60, il conclut une entente avec Pompée et Crassus, appelée plus tard le premier triumvirat. Sa fille Julia épouse Pompée.
La journaliste. Puis vient la Gaule.
FormadiLib. Consul en 59 avant notre ère, César fait adopter une loi agraire malgré l’obstruction de son collègue Bibulus. Il reçoit ensuite le proconsulat des Gaules et mène des campagnes de 58 à 52. Il combat les Helvètes et Arioviste, mène des opérations contre les Vénètes, franchit le Rhin et part en Bretagne. Son récit de ces campagnes, La Guerre des Gaules, raconte ses propres actions.
La journaliste. Le livre ne cache pas les ombres de la conquête.
FormadiLib. Non. Les combats sont meurtriers. Des villages sont brûlés, des récoltes prises, des chefs exécutés, des populations déplacées et des captifs vendus comme esclaves. À Avaricum, la population est massacrée. Les chefs vénètes sont mis à mort et d’autres habitants vendus. Le récit de César n’est pas neutre : il ordonne les événements pour présenter ses décisions comme cohérentes et nécessaires.
La journaliste. Il faut donc lire ce récit avec prudence ?
FormadiLib. Oui, avec gratitude et méfiance, comme le propose l’auteur. César donne accès à ses campagnes, mais écrit en conquérant. Les peuples gaulois apparaissent à travers son regard, et leurs voix nous sont rarement parvenues. Les chiffres antiques demandent aussi de la réserve. Sa clémence peut être une arme politique : celui qui pardonne se place au-dessus de ceux qui reçoivent son pardon.
La journaliste. Le revers de Gergovie précède Alésia.
FormadiLib. En 52 avant notre ère, Vercingétorix rassemble une grande coalition. César échoue à Gergovie, notamment après un assaut mal maîtrisé et des ordres mal compris. Puis il assiège Alésia avec des fortifications tournées vers les assiégés et les secours extérieurs. Vercingétorix se rend. Certains détails spectaculaires racontés plus tard ne sont pas des faits établis.
La journaliste. Et le Rubicon ouvre la guerre civile.
FormadiLib. En 49 avant notre ère, César franchit le Rubicon avec une partie de ses troupes et prend Ariminum. Le conflit institutionnel devient une guerre civile. À Pharsale, en 48, il bat l’armée de Pompée, notamment en repoussant sa cavalerie. Pompée fuit en Égypte, où il est assassiné. Suétone lui associe la formule « Alea jacta est » : « le sort en est jeté », absente des Commentaires sur la guerre civile de César.
La journaliste. Les Ides de mars mettent fin à son parcours.
FormadiLib. Le 15 mars 44 avant notre ère, César est assassiné lors d’une réunion du Sénat dans la curie de Pompée. Le livre rappelle que la concentration de ses pouvoirs alarma ses adversaires. La mort d’un dirigeant ne rend pas automatiquement sa liberté à une République fragilisée. Les guerres civiles se poursuivent ensuite.
La journaliste. Pourquoi ce parcours nous parle-t-il encore ?
FormadiLib. César permet d’interroger les réponses d’une société à ses crises. Son histoire montre l’attrait d’un pouvoir personnel qui promet de décider vite, tout en affaiblissant les règles communes. Elle rappelle qu’un chef peut s’adresser directement au peuple et contourner les médiations. Ses écrits montrent aussi comment le récit de l’action oriente notre compréhension.
La journaliste. Concrètement, par où commencer ?
FormadiLib. Le livre conseille de lire La Guerre des Gaules avec une carte à portée de main. Pour entrer par le récit, commencez au livre sept, consacré à Vercingétorix, Gergovie et Alésia, puis revenez au livre un. Notez les justifications de César, ses descriptions des ennemis et ce qu’il laisse dans l’ombre. Lisez ensuite Suétone et Plutarque selon leur époque. Une traduction conseillée est celle de Constans, chez Folio classique.
La journaliste. Un dernier mot ?
FormadiLib. La toute première phrase de La Guerre des Gaules : « Gallia est omnis divisa in partes tres ». Autrement dit : « Toute la Gaule est divisée en trois parties ». Un conquérant qui commence par dessiner la carte.
La journaliste. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr. Sur la page du livre, ouvrez le Carnet de ressources de Jules César : le MuséoParc Alésia, le plateau et le musée de Gergovie, un manuscrit de La Guerre des Gaules à Besançon et une émission de France Culture. Vous y trouverez aussi deux fiches gratuites, Jules César, Cléopâtre et l’Égypte, et les Ides de mars. Et chaque livre FormadiLib a désormais son Carnet de ressources.
FormadiLib. Jules César, collection Connais-moi, sur Amazon. Et tous les Carnets de ressources sur formadilib.fr.
La journaliste. Merci de nous avoir écoutés.
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