Ambitieuse et légitime
Oser viser plus haut au travail, d’Eleanor Sorel
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine : tu es dans le bus, tu rouvres une offre d’emploi transmise la veille par une ancienne collègue. Le poste te plaît. Pourtant, tu repousses ta candidature : après une certification, la clôture d’un dossier, ou une année d’expérience supplémentaire.
La coach. Cette scène, c’est celle de Solène dans « Ambitieuse et légitime », d’Eleanor Sorel. Je connais ce réflexe : ranger une envie derrière une condition de plus, et appeler ça de la prudence. Les semaines passent, le projet reste dans la tête. Et l’offre, elle, n’attend pas.
L’amie. Toi qui écoutes, est-ce que tu rouvres une offre qui te plaît avant de la remettre à plus tard ? Est-ce que tu attends que ta responsable devine ton envie, ou que le moment parfait arrive ? On attend un feu vert sans même l’avoir demandé !
La coach. Est-ce que tu prépares longtemps un projet sans en parler ? Et quand une collègue est promue, est-ce que tu te dis que tu es en retard ? Stop : avant de te comparer, demande-toi si tu veux vraiment le travail quotidien de son poste.
L’amie. Si tu t’es reconnue, tu es concernée. Pas parce que tu manquerais d’ambition ! Le désir est bien là, mais rangé derrière des conditions qui reculent. Le « un jour peut-être » protège du risque, et laisse le chemin vide. Si on ne fait rien, voilà ce qui arrive : on continue d’attendre.
La coach. Dans une enquête auprès d’un millier de personnes, Tara Sophia Mohr rapporte que la raison la plus souvent citée pour ne pas postuler est de ne pas penser être retenue et de ne pas vouloir gaspiller son temps. Elle en parle dans la Harvard Business Review.
L’amie. Autre repère : dans l’étude internationale Women in the Workplace, 93 femmes accèdent à cette première promotion pour 100 hommes. Cet écart d’accès existe. Mais il ne décide pas ce que tu veux ni quel poste te conviendrait : ce sont deux questions différentes.
La coach. Laure, cheffe de projet sénior, n’a pas postulé à un poste de direction ouvert l’année précédente. Dans son carnet, elle écrit : « J’attends que le risque d’échouer disparaisse. Il ne disparaîtra jamais. » Attendre de ne plus avoir peur, c’est risquer d’attendre longtemps.
L’amie. Voilà le prix du report ! Tant qu’on ne teste pas son envie, elle reste abstraite. Une candidature peut recevoir un non, mais elle apporte aussi des informations sur le poste ou ce qu’il faudra travailler. Le silence, lui, ne donne aucune réponse. Et l’occasion passe.
La coach. Oui, mais pas question de foncer vers n’importe quel poste ! Solène distingue le titre prestigieux du travail qui l’attire. L’accompagnement des équipes opérationnelles lui parle davantage que l’image de directrice. Elle précise son envie, au lieu de courir après un titre.
L’amie. J’adore cette nuance du livre : le désir de reconnaissance est légitime, mais il ne garantit pas qu’on aimera les journées ordinaires du poste. Avant de viser un titre, pose-toi la vraie question : qu’est-ce que tu veux faire, semaine après semaine ?
La coach. Bon, là, j’ai envie de bouger ! On ne baisse pas les bras. Pas question de se forcer à courir ni d’attendre une permission magique. Nomme ce que tu veux, puis choisis un pas possible avec le temps et l’énergie que tu as.
L’amie. Premier outil : la carte d’ambition. Tu notes ce que tu veux, pourquoi tu le veux, puis le premier geste faisable cette semaine. Inès, qui dirige une équipe, écrit qu’elle veut proposer un programme de prise de parole avant la fin de l’année.
La coach. Et elle passe à l’action : le mardi suivant, elle montre un résumé d’une page à un collègue. Pas besoin d’avoir tout construit pour rendre son désir visible. Tu montres l’idée, tu recueilles un premier regard, tu précises la suite.
L’amie. Deuxième outil : le prochain pas. Tu découpes une grande ambition en un geste petit, concret et daté. Solène transforme « postuler » en « vérifier si l’offre est encore ouverte ». Elle voit que la date limite est dans dix jours, puis retravaille deux entrées de son CV.
La coach. Voilà ce qui change tout : au lieu d’attendre d’être prête à cent pour cent, choisis une action qui entre dans ta vraie semaine, pas dans une semaine idéale. Et si le poste ne te convient pas, tu auras appris quelque chose.
L’amie. Garde aussi cette question du livre : « Si ce titre était inconnu de mon entourage — si personne ne pouvait le lire ni le reconnaître — est-ce que ce poste m’attirerait quand même ? » Elle sépare l’image du travail réel. J’adore.
La coach. Je me la pose, et je vois déjà la différence. Peut-être que je veux ce poste ; peut-être surtout le sujet, l’autonomie ou un projet qui compte. Dans les deux cas, je cherche une réponse par un petit geste, au lieu d’attendre d’être sûre.
L’amie. Tu hésites encore ? Parle à quelqu’un qui occupe le rôle. Ambre déjeune avec une directrice de la communication et découvre les arbitrages budgétaires, les réunions à quinze parties prenantes et les crises du week-end. Ces détails concrets affinent son envie.
La coach. La comparaison brouille les choses. Solène apprend que Delphine est nommée directrice. Elle est contente pour elle, puis se demande où elle en est. Au lieu de se juger, elle revient à la bonne question : quel travail quotidien est-ce que je veux vraiment ?
L’amie. La réussite d’une collègue ne mesure ni notre valeur ni notre trajectoire. Le livre le dit ainsi : « La comparaison remplace le désir lorsque vous regardez l’autre au lieu de regarder votre cap. » Tu peux regarder l’autre, puis revenir à ton propre chemin.
La coach. Alors, cette semaine, je choisis un seul pas : rouvrir l’offre qui m’intéresse et vérifier si elle est encore ouverte. Puis j’écris en une phrase pourquoi elle m’attire. Pas de grand plan : une action faisable avec le temps que j’ai.
L’amie. Ton ambition peut viser haut, avancer à ton rythme et rester fidèle à ce que tu veux, même si tu ajustes le chemin. Pour les jours de doute, souviens-toi de ces mots : « Vous avez un pas. Il est à vous. Suivez-le. »
La coach. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Eleanor Sorel, « Ambitieuse et légitime », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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