Prise de parole en réunion
Vaincre la peur de parler en public, d’Eleanor Sorel
Le livreLe Carnet de ressourcesTélécharger (MP3)
Musique : « In the Round Hi-Hat », de Dustin Trimble, par Touch ’N Go, orchestre de l’US Air Force en Europe. Domaine public.
Le texte de l’épisode
L’amie. Bienvenue dans « Six minutes pour oser ». Imagine la scène : tu arrives dans un bungalow de chantier. Tu diriges une équipe de douze ingénieurs, tu connais ton sujet, et pourtant tu choisis la chaise près de la porte. La réunion commence, les échanges s’enchaînent, et tu te retrouves à l’extrémité de la table.
La coach. C’est Farah, dans le livre d’Eleanor Sorel, « Prise de parole en réunion ». Cette scène m’a parlé tout de suite. Moi aussi, j’ai connu ces réunions où je choisissais la place la moins gênante, comme si ma présence devait se faire toute petite. Je pensais simplement choisir une chaise. En réalité, je m’effaçais déjà un peu.
L’amie. Allez, petit test. Toi qui écoutes, prends-tu la chaise près de la porte ? Arrives-tu pile à l’heure, quand les places centrales sont déjà occupées ? Gardes-tu les mains sur les genoux, même quand tu as quelque chose à apporter ? Regarde ces petits gestes sans te raconter d’histoire. On va voir ce qu’ils disent de la place que tu prends.
La coach. En visioconférence, est-ce que ta caméra reste éteinte jusqu’au moment où tu prends la parole ? Et quand quelqu’un reprend ton idée, hésites-tu à rappeler que tu l’avais proposée ? Ces petits moments dessinent une habitude. À force de laisser passer l’occasion, tu finis par rendre ton apport moins visible. Alors observe, sans te juger, et repère le réflexe.
L’amie. Tu présentes un travail que tu as porté, puis quelqu’un d’autre en développe les conclusions ? Tu replis tes documents ou ton ordinateur pour ne pas empiéter sur la place du voisin ? À force, ces gestes rendent ta présence moins visible. Et ton travail aussi. Ce n’est pas une question de mérite : c’est ce que le groupe voit, ou ne voit pas.
La coach. Si tu t’es reconnue, regarde ce que cela raconte sans te juger. Pas que tu manques de compétence : ta place, ta posture et la façon dont ton travail est nommé influencent ce que le groupe remarque. Une présence affirmée donne une meilleure chance d’être entendue. Alors, ne confonds pas ta valeur avec la place que tu as prise jusqu’ici. Tu peux changer le geste.
L’amie. Un fait frappant : sur six réunions filmées, Farah s’est assise cinq fois à une extrémité, sans contrainte extérieure. Ce n’est pas un reproche. En observant ses habitudes, elle a vu un schéma qui lui échappait. Une fois qu’on le voit, on peut choisir autrement. Et ça, j’adore : pas de grand procès contre soi, juste une habitude enfin visible et une autre option.
La coach. Farah avait porté seule un protocole de sécurité sur trois chantiers. En comité, elle l’avait présenté brièvement. Le directeur technique semblait alors le candidat naturel au poste de responsable sécurité. L’année suivante, après avoir changé sa façon de présenter son travail, Farah a obtenu le poste. Son expertise était là : il fallait aussi que son rôle soit visible. Voilà ce qui change quand tu ne laisses pas ton apport dans l’ombre.
L’amie. Alors, qu’est-ce qu’on fait de tout ça ? On ne baisse pas les bras ! Pas besoin de tout transformer dès demain. L’autrice propose des gestes concrets à tester progressivement. Une réunion difficile n’est pas une preuve contre soi : on apprend, on ajuste, puis on réessaie. Et si on ne fait rien, voilà ce qui arrive : les habitudes continuent à décider de la place qu’on occupe.
La coach. Premier outil : observe ton plan de table. Pendant quelques réunions, note où tu t’assois et qui occupe les places centrales. Nadia a relevé les places en comité et repéré une habitude qui lui paraissait naturelle. Avant de changer quoi que ce soit, elle a rendu le schéma visible. Fais pareil : regarde les places, note-les, et laisse les faits te montrer le réflexe.
L’amie. Ensuite, choisis ta place avant d’entrer. Nadia arrive dix minutes à l’avance et s’assoit au centre du grand côté de la table, face à l’écran et près du directeur général. Personne ne commente son changement. Pas de grand discours : elle s’installe, tout simplement. J’aime cette simplicité. Elle ne demande pas la permission d’être là ; elle prend sa place, tranquillement.
L’amie. La question à garder en tête, alors : « Qu’est-ce qui n’aurait pas été dit sans moi ? » Elle aide à regarder l’effet réel de tes interventions, au lieu de compter seulement les fois où tu as parlé. Parfois, une seule remarque change le cours d’une décision. Alors pose-toi la question après la réunion : qu’est-ce que ton intervention a apporté ?
La coach. Le livre ne dit pas qu’il faut jouer un rôle ni imiter les personnes qui occupent toute la salle. Il distingue la compétence du statut rendu visible. On peut rester soi-même tout en rendant son travail et sa responsabilité plus lisibles. C’est une manière d’occuper sa place, pas celle de quelqu’un d’autre. Tu n’as pas à devenir une autre personne : fais simplement apparaître clairement ce que tu apportes.
L’amie. Cette semaine, je choisis une réunion. Je note où je m’assois et prépare un point à faire entendre. Après, je regarde l’effet de mon intervention, pas seulement le temps que j’ai parlé. C’est faisable, non ? Un geste précis avant, un regard honnête après. Pas besoin de tout réussir d’un coup pour commencer à changer la donne.
La coach. C’est faisable. Et tu n’as pas à porter seule une dynamique collective : les responsables et les alliés ont aussi leur rôle. Une réunion ne change pas grâce à une personne seulement. Commence par un geste à toi, puis regarde ce qu’il change pour ta présence et pour la discussion. Avance avec constance : ta place se construit aussi dans ces gestes simples, répétés.
L’amie. Ça me donne envie d’essayer dès la prochaine réunion. Pas pour prendre la place de quelqu’un, ni pour parler davantage à tout prix. Juste pour que mon travail et mes idées puissent être vus et entendus. Et pour ne plus laisser le doute décider à ma place. Allez, je choisis mon geste, et je le teste pour de vrai.
La coach. Garde cette phrase d’Eleanor Sorel : « Prendre la parole en réunion, ce n’est prendre la place de personne. C’est cesser de céder la sienne. » Choisis un geste, avance à ton rythme, et prends la place qui te revient.
L’amie. Pour aller plus loin, rendez-vous sur formadilib.fr : le Carnet de ressources du livre t’attend, gratuit. Et le livre d’Eleanor Sorel, « Prise de parole en réunion », est disponible sur Amazon. À très vite pour six nouvelles minutes !
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